• Navire de guerre iranien le long des côtes iraniennes, à Bandar Abbas, le 30 avril 2019.© Nadia Noésky - Nantes

     Navire de guerre iranien le long des côtes iraniennes, à Bandar Abbas, le 30 avril 2019.

    Le Pentagone a annoncé mardi l'envoi de 1 000 soldats au Moyen-Orient dans un contexte de tensions accrues avec Téhéran dans le Golfe. "L'Iran ne veut faire la guerre à aucun pays", a déclaré pour sa part le président iranien Hassan Rohani.

    Les États-Unis ont une nouvelle fois renforcé leur dispositif militaire au Moyen-Orient dans un contexte de tensions accrues avec l'Iran. Le chef du Pentagone, Patrick Shanahan, a indiqué mardi 18 juin, avoir autorisé "l'envoi de 1 000 militaires supplémentaires à des fins défensives pour répondre à des menaces aériennes, navales et terrestres au Moyen-Orient".

    Patrick Shanahan a assuré que les États-Unis "continueront de surveiller consciencieusement la situation" afin "d'ajuster le niveau des troupes" le cas échéant. Ces troupes viendront s'ajouter aux 1 500 militaires américains supplémentaires, dont le déploiement avait été annoncé le mois dernier, après l'attaque de quatre pétroliers au large des Émirats arabes unis.

    Washington réagit à l'annonce faite lundi par Téhéran, qui a déclaré franchir bientôt la limite autorisée par l'accord international sur son programme nucléaire pour ses réserves d'uranium enrichi.

    Pris à la gorge par les sanctions américaines, qui ont fait fuir les investisseurs étrangers revenus en Iran à partir de 2016, Téhéran avait prévenu le 8 mai qu'il s'affranchirait de deux engagements qu'il avait pris aux termes de l'accord de Vienne, affirmant que cela restait conforme aux dispositions du texte. Téhéran a indiqué lundi que, en conséquence de cette décision, ses réserves d'uranium faiblement enrichi dépasseraient à partir du 27 juin la limite fixée de 300 kg.

    Le Pentagone accuse Téhéran d'avoir attaqué des pétroliers

    Outre l'accord sur le nucléaire et les conséquences de la guerre économique menée par Washington, la tension entre l'Iran et les États-Unis se focalisent sur la zone du Golfe.

    Le Pentagone a publié lundi de nouveaux documents accusant l'Iran d'avoir attaqué deux pétroliers en mer d'Oman. "Les récentes attaques iraniennes valident les renseignements fiables et crédibles que nous avons reçus sur le comportement hostile des forces iraniennes", a-t-il indiqué.

    Onze nouvelles photos rendues publiques par le Pentagone montrent, si l'on en croit les autorités américaines, un objet métallique circulaire de près de huit centimètres de diamètre, attaché à la coque du pétrolier japonais Kokuka Courageous et présenté comme un des aimants ayant permis de poser la mine non explosée. Washington accuse les Iraniens d'avoir retiré cette mine après l'incident survenu le 13 juin.

    Une autre de ces photos, prises d'un hélicoptère Seahawk de l'US Navy, montre, toujours selon le Pentagone, la cavité qui aurait été provoquée par une seconde mine apposée sur la coque du même pétrolier que le Washington évalue à plus d'un mètre de diamètre.

    "L'Iran est responsable de cette attaque, comme le montrent les preuves vidéo et les ressources et les compétences requises pour retirer rapidement la mine aimantée non explosée", a indiqué le Pentagone dans un communiqué.

    L'Union européenne s'est montrée plus prudente dans l'attribution des responsabilités de cette attaque et a refusé de s'aligner sur Washington.

    "L'Iran ne veut faire la guerre à aucun pays"

    "L'Iran ne veut faire la guerre à aucun pays", a déclaré pour sa part le président iranien, Hassan Rohani, mardi, dans une allocution à la télévision nationale. "Ceux qui nous font face sont un groupe de dirigeants avec une toute petite expérience", a-t-il ajouté. "Malgré tous les efforts des Américains dans la région et leur volonté de couper tous nos liens avec le monde pour enfermer l'Iran, ils ont échoué", a poursuivi Rohani.

    Par ailleurs, l'Iran a déclaré avoir démantelé un "nouveau réseau" d'espions travaillant pour les États-Unis, a rapporté mardi l'agence de presse officielle iranienne Irna, qualifiant l'opération de "coup majeur et d'envergure" porté à Washington, dans un moment de tensions entre les deux pays.


    votre commentaire
  • Michel Platini a été placé en garde à vue ce mardi dans le cadre de l’enquête pour corruption sur l’attribution de la Coupe du monde au Qatar en 2022. L’ancien président de l’UEFA a nié toute implication via ses conseillers.

    Michel Platini© Nadia Noésky - Nantes

    " Michel Platini "

    Michel Platini "n'a strictement rien à se reprocher et affirme être totalement étranger à des faits qui le dépassent", ont indiqué les conseils de l'ex- patron de l'UEFA, en garde à vue dans le cadre de l'enquête française pour corruption sur les conditions d'attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar.

    Il "ne s'agit en aucun cas d'une arrestation, mais d'une audition comme témoin dans le cadre voulu par les enquêteurs, cadre qui permet d'éviter que toutes les personnes entendues, puis confrontées, ne puissent se concerter en dehors de la procédure", peut-on encore lire dans ce communiqué.


    votre commentaire
  • L’enseigne Lidl a indiqué jeudi que son robot cuiseur à bas coût, vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires en quelques jours, était bien équipé d’un micro, bien qu'«inactif».

    Big brother dans un robot cuiseur ? L’enseigne Lidl a indiqué jeudi que son robot cuiseur à bas coût, vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires en quelques jours, était bien équipé d’un micro, toutefois «inactif» et «inactivable à distance», à la suite d’informations parues dans la presse spécialisée. Le 3 juin dernier, Lidl a mis en vente dans ses magasins en France un robot cuiseur, baptisé «Monsieur Cuisine Connect», au prix de 359 euros, nettement inférieur à ceux des appareils proposant les mêmes fonctions, dont le célèbre Thermomix de Vorwerk vendu 1 299 euros.

    Des magasins avaient été dévalisés dès les premières heures de la mise en vente du produit, certains médias faisant état de scènes de cohue. Jeudi, Numerama, site spécialisédans les nouvelles technologies, a partagé l’expérience de deux Français qui, «en voulant s’amuser à détourner l’écran tactile» du robot cuiseur, ont «mis au jour l’existence d’un micro secret inactif qui pourrait être vulnérable aux attaques».

    «Notre enquête montre notamment qu’un micro a été installé dans le Monsieur Cuisine Connect, sans que sa présence ne soit indiquée, et sans qu’il n’y ait de justification apparente», écrit notamment Numerama. Contacté par l’AFP, Lidl a indiqué que «oui, l’appareil est connecté et effectivement il y a un micro, mais il n’est pas actif et ne peut pas être activé à distance ou par le client, sauf action très spécifique. Et en aucun cas Lidl ne peut l’activer à distance», a réagi Michel Biero, gérant des achats pour Lidl France.

    Lidl a pris acte de la décision, sans faire de commentaires.© Nadia Noésky - Nantes

    " Lidl a pris acte de la décision, sans faire de commentaires. "

    Intelligence artificielle

    Lidl a aussi réagi auprès de BFM TV avec cette explication : «Il y a bien un micro et un haut-parleur car lorsque les développeurs ont lancé le Monsieur Cuisine, il était prévu que l’appareil soit pilotable par la voix et éventuellement par Alexa [l’intelligence artificielle d’Amazon]. Nous avons laissé le micro mais il est totalement inactif et il n’est pas possible pour nous de l’activer à distance.» Pourtant, en chattant sur Discord via le robot cuiseur, deux Français ont bien pu constater qu’il est tout à fait opérationnel. Ils arrivent à discuter via les haut-parleurs et le micro intégré. Selon Numerama, le micro semble toutefois désactivé par défaut.

    Produit en Chine et commercialisé par Lidl sous la marque Silvercrest, l’appareil connecté fonctionne grâce à une tablette Android qui comporte un micro intégré «afin qu’on puisse, un jour, dans six mois ou dans deux ans, avoir la possibilité d’installer une commande vocale. Mais si c’était le cas, on enverrait une mise à jour, et uniquement le client pourrait l’activer ou pas», relève Michel Biero.


    votre commentaire
  • Des instruments de mesure ont détecté une variation de l'attraction gravitationnelle à cet endroit. Le sous-sol du cratère Aitken abriterait une masse métallique cinq fois plus grande que l'île d'Hawaï.

    Une photo de la lune en juillet 2017.© Nadia Noésky - Rsn Nantes 

    Une "masse inattendue et gigantesque" pourrait se trouver sous la surface du pôle Sud de la Lune, dans le cratère Aitken. Des chercheurs de l'université Baylor aux Etats-Unis ont découvert une anomalie lors d'une série de mesures de l'intensité gravitationnelle. Ils ont détecté à cet endroit de subtiles variations, selon les conclusions publiées dans la revue Geophysical Research Letters.

    Les auteurs de cette étude se sont notamment appuyés sur les données récoltées sur les reliefs de la Lune et celles de la mission Gravity Recovery and Interior Laboratory (GRAIL), qui porte sur le champ de gravité de la Lune.

    "Imaginez prendre un tas de métal cinq fois plus grand qu’Hawaï et l’enterrer sous la surface" décrit Peter B. James, un géo-scientifique à la Baylor University au Texas, "c’est à peu près la proportion de masse inattendue" détectée.

    Les restes d'un astéroïde

    Pour expliquer cette "anomalie de masse excessive" qui s'étend jusqu'à 300 kilomètres de profondeur, les chercheurs avancent deux hypothèses.

    La première suppose que cette masse métallique provient de l'astéroïde qui a frappé la Lune il y a 4 milliards d'années et a formé le Bassin Pôle Sud-Aitken. Le fer et le nickel contenu dans le cœur de cet astre serait resté "suspendu dans le manteau lunaire", selon les scientifiques.

    "Nous avons fait le calcul pour montrer que le noyau de l'astéroïde suffisamment dispersé peut rester suspendu sous le manteau de la Lune jusqu'à nos jours, au lieu de sombrer dans le noyau de la Lune", explique Peter B.James. 

    La seconde hypothèse remonterait à la formation de la Lune. Cette masse pourrait provenir d'une concentration d'oxydes lors du "dernier stade du refroidissement de l'océan de magma". Notre satellite pourrait en effet avoir été formé en partie par un océan de magma terrestre après l'impact avec un autre astre. Ce deuxième scénario reste néanmoins "purement spéculatif" car les chercheurs n'ont pas pu déterminer quels mécanismes sont à l'œuvre.

    Le cratère d'Aitken, qui se situe sur la face cachée de la Lune, est une formidable mine d'or pour les scientifiques. Large d'environ 2000 kilomètres - soit Paris-Marrakech à vol d'oiseau – et vieux de 4 milliards d'années, il est le plus grand cratère préservé du système solaire. Ce bassin est "l'un des meilleurs laboratoires naturels pour étudier les événements catastrophiques" qui ont façonné notre système, assure Peter B. James.


    votre commentaire
  • À la tribune de l’Organisation Internationale du Travail, le président a dénoncé l’évolution du capitalisme, la multiplication des «rentes» et des déséquilibres. Le chef de l’État a également affirmé avoir vécu la crise des «gilets jaunes» comme une «opportunité» de remettre «l’humain au cœur».

    Emmanuel Macron à la tribune de l’OIT, le 11 juin 2019 à Genève.

    Un constat sombre et inquiet... et des solutions plutôt classiques. Dans un discours de trois quarts d’heure ce mardi à Genève, Emmanuel Macron a évoqué l’importance du dialogue social et de la négociation pour faire face aux dérèglements du capitalisme actuel, porteur d’un «risque de crise sans précédent».

    Pour le centenaire de l’Organisation internationale du Travail (OIT), le Président de la République a pris la parole après Angela Merkel, et commencé par évoquer le bilan de la plus ancienne des organisations internationales existantes, née sur les cendres de la Grande Guerre. Célébrant l’idée qu’«on ne peut construire une paix durable sur la somme des injustices», le chef de l’État a rendu hommage aux pionniers: Justin Godard, Arthur Fontaine, Léon Jouhaud, Albert Thomas... Les fondateurs d’une organisation ayant adopté 189 conventions, avec des succès notables notamment dans la lutte contre le travail des enfants.

    «La conscience a su se réveiller quand le chaos était là», a noté Emmanuel Macron, annonçant ensuite qu’à nouveau, le «chaos est là» aujourd’hui, avec «une crise profonde, économique, sociale, environnementale, politique et donc civilisationnelle» pour l’ensemble des démocraties et des pays d’économie sociale de marché. En cause? Le «dumping» sous toutes ses formes, et le «travestissement de notre économie mondiale» avec l’apparition de rentes illégitimes. «Quelque chose ne fonctionne plus dans l’organisation de ce capitalisme», a insisté le président, voyant dans les déséquilibres nouveaux le terreau des extrêmes et de la démagogie. Un constat plutôt commun, que venait toutefois assombrir les mots puissants de l’orateur, qui a indiqué que le monde actuel est «à l’orée d’un temps de guerre», et se disait «persuadé de la possibilité de l’effondrement des démocraties».

    Plus de multilatéralisme pour lutter contre les inégalités

    Sur le chapitre des solutions, le discours se faisait néanmoins plus technique et plus prudent, vantant des solutions éprouvées. La première nécessité pour remettre le capitalisme mondial sur les rails? Plus de multilatéralisme. «On ne peut pas réussir seul, il faut de la cohérence», avançait Emmanuel Macron, citant à plusieurs reprises le cadre européen comme particulièrement adapté, et vantant la mobilisation du gouvernement français pour un «salaire minimum européen». Sur la question des dettes publiques européennes, le président français demandait toutefois une certaine clémence: «je ne veux plus qu’en Europe nous considérions que le sujet de l’ajustement économique et financier et de la dette prévaut sur les droits sociaux, parce qu’à ce moment-là on nourrit les extrêmes, le doute».

    Dans le temple de la négociation tripartite (gouvernements, organisations patronales et syndicats) de l’OIT, le président soulignait aussi l’importance du dialogue social pour lutter contre «toutes les formes d’inégalité», à commencer par les préjudices envers les femmes, mais aussi les problèmes nés de la transformation numérique. Sur ce point, Emmanuel Macron soulignait l’importance de mettre en place de nouveaux droits pour les travailleurs des plateformes en ligne. Le numérique permet de «réduire la pénibilité, mais il faut aussi montrer que ça ne se traduit par de la précarité et un recul des droits», mettait en garde le président français. Autre priorité du dialogue social, les «objectifs environnementaux».

    Continuant sur les vertus du dialogue, le chef de l’État disait enfin avoir vécu la crise des «gilets jaunes» comme «une forme d’opportunité»: «nous avons entendu l’intuition et le message profond: nos concitoyens veulent plus de sens, plus d’humanité et plus de proximité».

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique