• Paris, un "acte 4" sous tension, et sous haute sécurité

    Trois semaines après la première grande mobilisation, le gouvernement va déployer pour cet "acte 4" du mouvement des "gilets jaunes" un dispositif "exceptionnel".

     EN DIRECT - "Gilets jaunes" : À Paris, un "acte 4" sous tension, et sous haute sécurité© RSN Tv - "Gilets jaunes" : À Paris, un "acte 4" sous tension, et sous haute sécurité

    "Ces trois dernières semaines ont fait naître un monstre qui a échappé à ses géniteurs." Les mots, forts, sont ceux du ministre de l'Intérieur, Ch

    ristophe Castaner. "Tout laisse à penser que des éléments radicaux, des factieux, vont à nouveau tenter de se mobiliser." Samedi sonne l’heure de "l’acte 4" de la mobilisation des "gilets jaunes", alors que Paris se remet à peine des dégradations de la semaine dernière.

    Les principales informations à retenir :

    - 89.000 policiers et gendarmes sont mobilisés, contre 65.000 le week-end dernier

    - Le gouvernement rappelle dans un clip que manifester "n'est pas casser"

    - La liste des événements annulés ou reportés s'allonge

    Un dispositif de sécurité musclé...

    Trois semaines après la première grande mobilisation contre la hausse de la taxe sur les carburants, le gouvernement va déployer un dispositif "exceptionnel" : 89.000 membres des forces de l'ordre dans toute la France, dont 8.000 à Paris, sont mobilisés afin de tenter d'éviter les mêmes scènes d'émeutes que le samedi 1er décembre.

    À Paris, pour la première fois depuis des décennies, l'État engagera des "VBRG", ces véhicules blindés à roue de la gendarmerie. Le GIGN et ses antennes régionales ont été mis en alerte renforcée.

    Dans la capitale, une cellule de crise sera activée, et 2.000 éléments de mobilier urbain ont été démontés, a précisé la maire Anne Hidalgo. La tour Eiffel et le Louvre seront fermés samedi, tout comme les commerces sur les Champs-Élysées, point de crispation principal.

    ... y compris dans les hôpitaux

    Les hôpitaux parisiens ont mis en place "un dispositif de vigilance renforcé", avec "des renforts médicaux et non-médicaux". L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) se prépare et anticipe d'"éventuels débordements de manifestations" lors de la mobilisation des "gilets jaunes" pour le quatrième samedi. "Les équipes en charge de la régulation médicale du SAMU de Paris AP-HP ont été également renforcées et pourront être déployées sur les points de regroupement des victimes qu'il serait nécessaire de constituer", a-t-elle précisé. 

    La liste des événements annulés ou reportés à Paris

    De nombreux événements sont reportés ou annulés ce jour-là à Paris. Une douzaine de musées (dont le Louvre, le Musée d'Orsay, le Grand Palais, le Musée de l'Homme ou le Musée d'Art moderne) ont décidé de ne pas ouvrir leurs portes samedi. Les billets déjà achetés resteront valables jusqu'à la fin de chaque exposition, précise la Réunion des monuments nationaux (RMN). Pour en savoir plus, cliquez ici.

    Des appels au calme

    L'exécutif a multiplié les appels au calme, notamment à travers un clip diffusé sur les réseaux sociaux, comme désormais la plupart des partis d'opposition et les syndicats. "Les gilets jaunes sincères ne peuvent pas servir de boucliers humains" par des "éléments politisés et radicalisés" qui cherchent à "renverser le pouvoir", affirme le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

    Face au risque d'une nouvelle explosion de violences, un des représentants des "gilets jaunes libres", Benjamin Cauchy, a de son côté appelé au calme et à ne pas aller manifester à Paris, estimant que ce rendez-vous était "un traquenard".

    Le gouvernement fait un geste, insuffisant

    Les concessions du gouvernement, qui a définitivement abandonné après 24 heures d'extrême confusion toute augmentation de la taxe carbone sur les carburants en 2019, semblent n'avoir eu aucun effet. Si ce n'est d'avoir fragilisé le Premier ministre Édouard Philippe, qui défendait une simple suspension avant d'être brutalement désavoué par l'Élysée.

    Emmanuel Macron est plus que jamais la cible numéro un des "gilets jaunes". Sur les réseaux sociaux, les mots d'ordre évoquent un renversement des institutions: "Dissolution de l'Assemblée nationale", "Manu, on arrive !", "Pot de départ de Macron!", ou encore "Tous à la Bastille".

    La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, en a appelé aux entreprises, soulignant que "tout le monde doit faire sa part" et évoquant le versement d'une prime exceptionnelle défiscalisée et exonérée de charges. Cette prime a été qualifiée de "bonne idée" par le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux. Mais il craint que les entreprises deviennent "le bouc émissaire de cette révolte fiscale". 

     


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